Portrait de stagiaire: Christine Fouarge

Christine Fouarge, 50 ans, Brabant wallon.

Ingénieur Agronome

 J’ai grandi dans les forêts et la campagne ardennaise. A chaque fois que j’y retourne, je sens l’énergie de vie circuler en moi. Sans doute parce que j’ai planté mes racines dans cette nature et le schiste, que je me suis formée à la vie sociale en côtoyant les familles d’agriculteurs et que j’ai vécu de bons moments de communion avec les êtres vivants autres qu’humains.

Passionnée par la Nature et par l’Homme, convaincue que l’un agit sur l’autre et vice-versa, j’ai  cherché réponse à mes questions du comment et du pourquoi de la Vie du côté des sciences. C’est ainsi que j’ai choisi les études d’Ingénieur Agronome.

25 ans plus tard, j’ai partagé de façon concrète ma curiosité scientifique et les outils de développement personnel et de communication que j’avais acquis : j’ai organisé des journées « Découverte Nature & Soi ». La dernière avait pour thème : les relations – dans l’écosystème forestier et dans ma vie. Les participants ont adoré. Mais ça ne nourrit pas son homme. Alors j’ai cherché un emploi plus rémunérateur qui rencontre aussi ma passion et qui allie avantageusement les développements socio-économiques et environnementaux.

Pourquoi as-tu souhaité suivre la formation d’éco-conseiller à l’Institut Eco-Conseil ?

Deux amies m’ont conseillé avec  enthousiasme la formation en éco-conseil qu’elles avaient suivie. Il m’a fallu 2 ans pour murir ce choix.

J’ai d’abord invoqué mes compétences personnelles (communication, stimulation du travail en équipe, gestion de projet, ouverture d’esprit, autonomie et coopération, vulgarisation de notions scientifiques, aisance en informatique) et mes expériences professionnelles très diverses (comptabilité, enseignement, gestion de groupes, chef de projet et lobbyiste). Je pourrais ajouter tous les acquis liés à mon engagement de mère de famille (4 enfants) comme : intendance, gestion d’équipe, gestion de projet, soins médicaux et psychologiques, gestion du temps et du stress, support technique et réparations en tout genre, technicienne de surface, chauffeur et j’en passe ;-))   Un beau panel glané au cours du temps. Mais ça ne rentre pas dans les cases formatées de procédure classique d’embauche.

Laissant de côté ma collection de lettres de motivation et de personnes ressources, je me suis renseignée sur le métier d’éco-conseiller. J’ai pris mon téléphone et j’en ai appelé un, puis deux, puis trois. L’enthousiasme de chacun, l’articulation environnement – société – économie et la pédagogie annoncée par l’IEC m’ont séduite.

Le premier élément que j’ai trouvé en formation, c’est le … réseau ! Au sein–même de ma promotion d’abord, puis au fil des cours et du stage. Le second apport, c’est le renforcement de mes capacités par divers outils de communication et d’analyse. Enfin, par la vie du groupe, par nos échanges, par la traversée ensemble du module « Enjeux et Espoir » avec son cortège de collapsologie, seuils dépassés et autre anthropocène, j’ai tissé des liens nouveaux et durables (dans tous les sens du terme) et nourri ma confiance en moi.

Christine est actuellement en stage à l’Administration communale de La Bruyère.

Pourquoi as-tu choisi de réaliser ton stage au sein de cette structure ? 

Parmi les missions et les lieux de stage, j’ai choisi de travailler sur les coulées de boue dans la commune de La Bruyère (Namur) pour pratiquer, en tant qu’éco-conseillère, la combinaison entre compétences en ingénierie agronomique et en relations humaines. J’étais motivée aussi par le caractère très concret des inondations ; le ruissellement touche le quotidien des différents riverains, habitants et exploitants agricoles,  tant du point de vue environnemental que social et économique.

La particularité du sujet « inondations et coulée de boue » est d’être un problème :

– hautement émotionnel quand il survient;

– sporadique et aléatoire ;

– coûteux en charge de travail et en budget de réparations pour tous ;

– complexe et impliquant de multiples disciplines.

L’enjeu est de rassembler les différents points de vue en une vision globale sans laquelle les solutions apportées ne seront que partielles, voire partiales, et non durables.

Quelle y est ta mission en tant que stagiaire éco-conseillère et comment t’y prends-tu concrètement pour la réaliser?

La meilleure façon de donner une réponse durable au défi environnemental, social, économique et même climatique des coulées de boue est d’impliquer l’ensemble des parties prenantes avec leurs besoins et contraintes, leurs compétences et connaissances, et de tirer profit du potentiel d’actions dégagé grâce à la collaboration entre toutes les parties prenantes.

Ma première étape de travail fut donc d’identifier ces parties prenantes. Mon objectif était de rassembler l’ensemble des points de vue pour avoir une vision la plus globale possible, les uns complétant les informations et les compétences des autres, le tout étant enrichi par l’analyse des problèmes précédemment rencontrés et des solutions apportées en d’autres communes.

Ma deuxième action fut d’amener chacun dans le processus de concertation et de négociation.

J’ai donc organisé une première réunion d’échange et d’information pour les agriculteurs et les autorités communales. Elle a rassemblé trente personnes. Dix jours plus tard, j’étais sur le terrain avec une dizaine d’entre eux pour envisager les solutions concrètes et adaptées à leur contexte. La concertation se poursuit avec les autorités communales et les riverains : nous discutons de leur contribution et de ce à quoi ils sont prêts à s’engager.

Vu que l’implication personnelle est optimale si l’individu s’implique librement, je sollicite puis je travaille avec ceux qui s’engagent de leur propre chef.

Beaucoup passe par le contact personnel, que ce soit lors de rencontres individuelles ou en groupe.

Ce faisant, je contribue à créer un climat relationnel plus fluide entre mandataires, agriculteurs et riverains, invitant chacun à quitter la guerre de position pour négocier une solution commune satisfaisante pour tous et durable.

Enfin, je prépare déjà les uns et les autres à l’idée de constituer une commission multipartite qui pourra continuer le travail au-delà de mon stage, en s’appuyant sur le nouveau mode de fonctionnement et sur le cahier de charges que j’élabore.

Pour contacter Christine : christine.fouarge@gmail.com                               

L’institut Eco-Conseil est soutenu par la Région Wallonne, le Forem et la Région de Bruxelles-Capitale

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