BioTED :
une aventure humaine au cœur des territoires tunisiens
Inventer une filière d’agritourisme bio, ce n’est pas empiler des activités. C’est relier des mondes.
BioTED n’est pas né dans un bureau. Il est né autour de tables de fermes, dans des salles de réunion parfois surchauffées, lors de visites de terrain qui commencent tôt le matin et se terminent bien après le coucher du soleil. Il est né de discussions passionnées, d’enthousiasmes partagés mais aussi de doutes.
Car inventer une filière d’agritourisme bio en Tunisie, ce n’est pas simplement empiler des activités. C’est oser relier des mondes qui, jusque-là, se regardaient à distance : l’agriculture, le tourisme, l’environnement, les politiques publiques, les porteurs de projets locaux.
Transformer une dette en confiance
Le cadre de BioTED est déjà, en soi, porteur d’une histoire forte. Le projet s’inscrit dans le mécanisme de reconversion de la dette tunisienne envers la Belgique en programmes de développement : un choix politique qui transforme une contrainte financière en investissement dans l’avenir des territoires.
Dans cette coopération, l’Ambassade de Belgique en Tunisie joue un rôle discret mais essentiel : créer les conditions du dialogue, sécuriser les partenariats, permettre à des acteurs très différents de travailler ensemble dans la durée.
À ses côtés, Wallonie-Bruxelles International (WBI) soutient des actions complémentaires, des échanges et des temps de respiration qui donnent au projet une profondeur humaine et politique.
Mais sur le terrain, ce cadre institutionnel prend surtout une autre forme : celui de la confiance. Confiance entre partenaires tunisiens et belges. Confiance accordée à des acteurs locaux pour expérimenter, parfois se tromper, souvent apprendre.
La DGAB au coeur du jeu collectif
Côté tunisien, la Direction Générale de l’Agriculture Biologique (DGAB) est bien plus qu’un pilotage administratif. C’est une équipe engagée, qui accepte de sortir des sentiers battus, de composer avec des réalités de terrain parfois complexes, et de tenir le cap quand le calendrier se tend.
Au fil des réunions, des missions conjointes et des visites de fermes, une dynamique s’est installée : celle d’un apprentissage collectif, où l’on ajuste, on replanifie, on discute, on avance.
Une aventure humaine portée par un consortium engagé
Pour accompagner cette dynamique, la DGAB s’est appuyée sur un consortium belge aux profils très différents mais profondément complémentaires :
- Institut Eco-Conseil (IEC), avec son ADN : former des professionnels capables d’accompagner la transition dans toute sa complexité humaine ;
- Canopea, habituée à faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas toujours spontanément ;
- Accueil Champêtre Wallonie, forte de décennies d’expérience du tourisme à la ferme, mais surtout d’une connaissance très concrète des réalités des porteurs de projets.
Sur le terrain, cela se traduit par des moments très simples : des repas partagés, des visites de fermes où l’on écoute plus qu’on ne conseille, des débats animés sur ce qu’est – ou n’est pas – l’agritourisme.
Former des éco-conseiller.ère.s et révéler des vocations
Au cœur de BioTED, il y a des femmes et des hommes qui ont fait un choix : celui de devenir éco-conseillers ruraux spécialisés en accueil à la ferme.
Beaucoup viennent de l’agriculture, d’autres du tourisme, certains de l’environnement. Ils n’avaient pas forcément imaginé ce rôle au départ. Et pourtant, ils deviennent peu à peu des traits d’union vivants entre secteurs.
La formation ne se limite pas à transmettre des outils. Elle transforme les regards, renforce la légitimité, crée une communauté. On y parle de modèles économiques, bien sûr. Mais aussi de posture, de relation humaine, de capacité à accompagner sans imposer.
Des fermes, des histoires, des chemins singuliers
Les fermes accompagnées par BioTED ne sont pas des “projets pilotes” au sens froid du terme. Ce sont des lieux de vie, des familles, des histoires personnelles.
Certaines ouvrent leurs portes avec enthousiasme, d’autres avec prudence. Certaines avancent vite, d’autres prennent le temps de comprendre ce que l’accueil à la ferme signifie réellement pour elles.
L’éco-conseil joue ici un rôle clé : non pas pousser à aller plus vite, mais sécuriser les trajectoires, aider à faire les bons choix au bon moment, éviter les fausses promesses.
Quand une filière commence à exister
Au fil du projet, quelque chose change subtilement. Les acteurs commencent à se reconnaître. Un vocabulaire commun émerge. Des liens se créent entre régions, entre fermes, entre institutions.
BioTED contribue ainsi à poser les premières pierres :
- d’une gouvernance public-privé,
- d’outils partagés,
- d’une visibilité collective pour l’agritourisme bio tunisien.
Mais surtout, il fait naître un sentiment précieux : celui de ne plus être seul.
BioTED, au fond, c’est ça
Une aventure humaine faite de rencontres, de doutes, d’apprentissages partagés. Une démonstration que la transition ne se décrète pas : elle s’accompagne, patiemment.
Pour l’IEC, BioTED illustre pleinement le rôle de l’éco-conseil : mettre des compétences au service des territoires, relier les acteurs, et donner confiance à celles et ceux qui inventent, jour après jour, de nouveaux modèles.
Et si la filière d’agritourisme bio tunisienne est encore jeune, une chose est certaine : elle est portée par des personnes qui y croient. Et ça change tout.